GRAND AVATAR

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INSPIRAGINATION

SAISON 01

Codes : [P] pour Peer to Peer. [N] pour Newsgroup. [C] pour Commercial. Chaque data média citée est disponible à la vente comme à l’échange. En ligne. Ou hors ligne. Tu te la procures par tout moyen nécessaire et celui dont tu as les moyens. Nourris-toi tant que tu as faim. Partageons avant que la nuit tombe.

SAISON 01 EPISODE 00



Ana V est un avat’. Elle ouvre sa chair plus ses antichambres. Pareil. Mais avec un autre avat’, elle vend ces lieux communs et en fait des salles communes. Devant une webcam. Sur un drap vinyle rouge. Et cernée de miroirs. Style-genre abattoir. Le stéréotype, y’a que ça pour faire bander le geek. Celui qui raque pour vous mater en train de vous enfiler un pied de chaise. A califourchon sur votre lap’pute. On me paie pour ça. Online, offline. Depuis le temps où il fallait raquer pour les études de socio. Recto verso. Cliquer sur _core et vous me trouverez. Autoreverse bien lubrifié. Pas un sourire. Pas de poil. Full maquillage. Calqué Videodrome, le latex en plus. Bien que se branler avec un 9mm Parabellum ou une fusée de détresse devant l’Œil, ça électrisera plus un « humide » que l’usage d’un double dong de déprime. On se connecte à moi. Parfois c’est moi qui me connecte au client. Au dehors. En non virtuel. « IRL » disent les cadavres. Et là l’humide, je te le déphase plus sérieusement. Homme, femme, chien.

Virus. Une CB achète tout. Et quitte à faire un métier sale, comme disait Bébel, autant le faire salement. Entre 50 et 5 000 e. Entre 40 et 200 bpm. Second Life. Le client. Je vois son IP (je le trace), je lui injecte un spy, histoire de renifler le fond de son fond interdit. Eh non petit porc, la pièce jointe c’est pas une tof de ma chat’core, c’est un p’tit dada qui va purger tout le canal mémoire de ta matrice. Le truc binaire qui te sert de chatte primaire. Ton ordinateur. Ton idole, ta baronne… ton éjac arc en ciel à 50 e. Un bon wiflinguage de toutes tes données. T’inket y’a que ta zique que je veux et kek films si tu préfères Paradjanov aux fientes ch’tis. Ça, c’est pas donné, glok’.

First Life. Le client. Dans son appart. Je vais tout faire gicler au napalm USB. Rapide et propre. Pendant que je l’attache et que la déconnexion de tes chairs va commencer, je te colle une clé à la première matrice que je vois : téléphone, mediacenter, cerveau ménager… tout est intercollé. Tu paies pour ça. Pour que je te fasse mal. Alors moi je ne joue pas. Je suis ton monstre. Va y avoir du Spore. Du vrai.

Mais ici, tu me lis online. Tu te dis Internet c’est deux grandes portes qui m’ouvrent sur le monde. T’as ta page Facebook, t’es classe(é) alpha + dans les bases opaques. Rien à dire, tu as le cul bien ouvert, et on en sait plus sur toi que tu pourrais en savoir sur moi, même s’il y de l’or toque sur ta CB. T’es un(e) esclave avant même de devenir potentiellement mon ou ma cliente. T’allumes ta matrice et t’es déjà à genoux. C’est bien, parce que tu as acheté qu’un quart d’heure et ta position facilitera certaines infiltrations. Moi ou les sombres, on l’a bien compris.

Ok, fini la présentaille. Entrons dans le vif. On me presse pour que je te parle de zique. Et des derniers outrages pour t’en procurer. Entre deux écarts devant l’Œil, j’ai tout le temps de voir défiler les barres de téléchargement. Les bouches carnassières qui avalent tout, tous azimuts, avant même que tu en entendes parler par un geek journaleux qui l’aura reçu gratos. Avant même que cela sorte en Frankreich. Le haut débit a été inventé pour ça, pour élargir ton orifice, pour exciter ta soif. Etanche, ma jouissive, étanche ! Et avale tout. Ce que l’on ne te donne pas, prends-le. C’est ta dernière marge, ton ultime liberté.

Ouais je vais t’aider. J’ai tout le temps. Free of charge. Les critiques, les missives/missiles, suggestions viendront next week. Pour l’instant, équipe-toi. Chope-toi un bon soft de Peer to Peer (tu trouveras bien via Google, moi c’est Solarseek) et n’hésite pas à passer à un accès Usenet, bien crypté pour que les sombres te chopent pas. Ok, tu dois payer un grand receleur multilingue. Donc paie au moins ça, avec le news-lécheur qui le fait bien. Ou opte pour le torrent de bits, tous degrés confondus mais ça, ça le fait moins.

Tu vas prendre. En retour. Pour beaucoup plus que prévu. 12 000 titres auxquels tu n’aurais jamais pu penser sur le poste d’un ricain éclairé. Tout Fassbinder pas au tarif bobo MK2 chez un jap’. Tu veux acheter ou m’acheter, je te montrerai… aussi…

Des genres dont personne ne parle. Des groupes cruciaux complètement zappés par les petits fonblaves. La vraie avant-garde, pas celle des poneys versaillais version médiocre Justice. La dernière liberté, je te dis. Outre celle de brûler ta machine… et de te complaire dans la culture dirigée. Téléramarisée. Canalplussée. Sarkophagée.

Fin de mission.

Tags : Peer to Peer, Usenet, Solarseek, Emule, Newsleecher, Bittorrent, Videodrome, Paradjanov, Facebook


SAISON 01 EPISODE 01


J’aurais pu installer une back door sur sa machine. Le laisser vulnérable et à ma merci. Faut croire que je suis pas une salope. Totale. Et que j’ai pitié des dérisoires, en plus des humides. Je suis rentrée chez lui par sa frontale. La porte. Dans le 13e. Le Bercy novo. Les arbres sont sous grillage et le monde ressemble à un troisième sous-sol avant la morgue. Ça sécurise le servile. Donc la porte. Déjà ouverte. Déjà hurlante. Le mec gueule. Son greffon dent-bleue à l’oreille. « Ce Jeff Koons, faut le décapiter sur la place de la Concorde. » Bonne idée. Il paiera moins cher le dérisoire s’il revendique ce genre de mise à mort. Pendez Louis XIV avec. Envoyez pour le coup 14 Boeing dans Versailles. Buvons le sang des courtisans ! Oui. C’est parti mes cuisses sont électriques.

Le mec se dégraffe le tympan à clignos, se calme un peu, marche rapide aux quatre coins de sa cellule. Ça moite sec le décapant. Ou le trichlo. Le Poppers du pauvre. L’amnésie de l’ado pauvre. Pas possible que le gars se torche le neuronal avec une telle chimie. Plein de trucs sur le béton des murs. De l’art sans doute. Et plein de tech connectible entre. Je mouille double, niveau connexion et pénétration des réseaux. Le mec dans la prod, dans la pub. Aurait voulu devenir cinéma, « en fait, tu comprends, écoute, c’est clair, un truc énorme, mais bon… la pub ». Moi aussi mais je ne deviens pas fiction, je suis vie. Et plutôt difficile. Ne me parle pas de tes projets. De ce film que tu finiras par ne jamais faire. Ça va m’assécher la boîte courbe, le tunnel sous le ventral. En fait je n’ai besoin d’entendre de toi que souffle. Non stop. Ou « encore ».

La musique, on va en parler. Mais je vais pas vous la jouer criticos. D’autres dérisoires. D’autres cyniques. Juste guide. Ou prêtresse solaire. L’astre fait gros ressortir mes deux obus de 105 mm. La zique, c’est de la bande son pour le film catastrophe que je vends aux clients. Devant l’Œil. Ou plus loin. A leur synapses écarlates. C’est de la catalyse pour le petit théâtre que je vais dresser sur leur chair. Le dernier champ de bataille. Une scène vaste, obscure, blindée de sans issues, et parcourue de douves violacées. Sous chapiteau et sans filet. Le mec a déjà bien passé l’aspirateur. Il est full. Moi aussi. 2G par dévot. Et sa bite pointe un truc vers le ciel. Je lève les yeux. Et je vois un plafond qui se rapproche, centimètre après milligramme dans les artères lumineuses. Et des pixels qui dessinent des ellipses. Lumineuses, pareilles. Sous le ciel de plomb. Son cul est en corolle. Il a payé plein carat. Ma sangsue USB est branchée. L’heure est à la messe. Nous allons prier nos idoles. Et répondre à la peur par la peur.

Je vais l’aimer.

Et t’updater vers toi version terreur.

Pendant que je m’étale sur toi pour te faire sentir mon autre peau, cette autre queue de foire, je te transverse les premières litanies de l’ouverture d’« Atmosphères » de LIGETI [N] (voir ci-contre pour le décodage, ndlr). Ton corps se tend quand je te tire la tête vers l’arrière, et tandis qu’une femme clame « quand je fais la révolution, j’ai envie de faire l’amour » (LUIGI NONO – « Non Consumiamo Marx » [P]), je te susurre dans ton oreille anémique « quand je fais l’amour, je dresse des échafauds ». Puis viennent les premières tranchées. Et les graisses volubiles qui s’écoulent lentement. Le claquement imperturbable du « Message » de BORIS – « Smile » [P] se fond dans l’orage pompier du BLACK SABBATH (album #1) [P]. Et ton cul qui se contracte quand j’y effectue une reco préliminaire. Languissante et précieuse. Style-genre « Sodom » de CAN – « Inner Space-Out of Reach » [P].

Puis vient la seconde du slow. Je surveille mon vampire qui clignote à tout rompre. Preuve que le pompage depuis ta matrice s’effectue toutes canines dehors. Tout giga dedans. Le slow et la dilatation des canaux. La crue est incluse dans ton programme. Inclus aussi « Whitewater » de TORTOISE – « A Lazarus Taxon » [P]. La mort est incluse dans ton anatomie. Le « Sanctuaire » dans les doigts d’ARVO PART [P]. Le plaisir est inscrit dans ta souffrance. « Suck and eat you » – SCORN – « Vae Solis » [P] .

C’est bien respire, reprends ton souffle. Je relâche un peu les liens. Car on va accélérer plus loin. On va recharger les batteries guerrières et ralentir la course stoppée de cet Afghan fauché par la mine. Tu as payé pour sentir. Alors écoute bien l’humide, assez loin dans la plaine, comme un écho qui se perd, le vent dans les arbres, écoute, je te dis salope !

Il n’est plus temps de regretter de m’avoir fait venir. Je te braque l’auriculaire et te visse « Amputation » – DONNY Feat BLICK [P]. J’ai vu que t’avais planté un Œil pour nous capter. Tu veux de l’interactif ? C’est ça qui te plaît ? Nourrir et te faire nourrir ? Manger et te faire dévorer. C’est ce que tu paies. En circuit fermé. « Indivisible Force » – CURRENT VALUE [N] -, en boucle dans ta face. Et jouis encore. Et encore. Seconde vague d’attaque. « Interface » – COUNTERSTRIKE [N]. Le pouvoir est au bout de mon dong. Harnachée à ma croupe noire. Et toi tu l’as planté en toi. Et encore. « Elemental Mind » – CURRENT VALUE [N] . Et encore. « Word of Thoth » – PANACEA [N] . Enfoncer et évacuer. Un flot de Panzer SS sur le Texas. Enfoncer et évacuer. 6000 poupées nucléaires dans la stratosphère palestinienne. Enfoncer et évacuer. 210 BPM le long de ton périnée. Prostate. « On fire » – LIGHTNING BOLT – « Wonderful Rainbow » [P] . Encore. Prostate. Encore. Encore. Encore . Evacuer.

Sperme.

« We will fall ». THE STOOGES [P]

Fin de mission.

Tags : Peer to Peer, Usenet , Solarseek, Emule, Newsleecher, Ligeti, Nono, Boris, Black Sabbath, Can, Tortoise, Arvo Pärt, Scorn, Donny, Blick, Current Value, Counterstrike, Panacea, Lightning Bolt.

SAISON 01 EPISODE 02



C’est le continent oublié. La terre d’outre-centre. La zone où vous croisez des chasseurs aux yeux affamés, sans proie réelle, des bêtes faussement traquées, des tags à moitié effacés. Un amoncellement d’identités y vivent, en viennent, y retournent. Un univers low polygon où une vie dure le temps de votre jugement, de sa sentence, puis de son exécution froide. Le permis de tuer est inclus dans vos privilèges d’humides. Une décharge à ciel ouvert d’histoires 1D, comme vue à la télé. Des carcasses de chars, comme vus à la télé. Des caves de crasse, comme vues à la télé. Des 404 de la vie. Identités recluses dans un parcours du combattant. Je pénètre dans l’aire de mort. Armée. Affûtée. Fear [N]. Des couloirs murés. Des chiens demeurés. Stalker [N]. Mon Geiger infiltre la boue appauvrie. L’uranium inonde l’air. Les cadavres m’attaquent en panoramique 360. Je flingue à tout corrompre. Exterminez-les tous. Ça grouille entre les pylônes. Mon Geiger devient Larsen. Tchernobyl, Ana, les enfants bicéphales et les post-rivières de souffre. Je cours, j’entends l’avat’ qui s’essouffle, je continue quand même, je devrais déjà être flaque, un crâne explose sur mon passage puis un autre, puis encore un autre. Puis c’est mon sang. Une caméra drone me survole en cercle. VOUS ÊTES MORT est écrit sur le flux de pixels.

NON. Toujours en stage survie. Pas une banlieue interdite dans l’Oural soviétique, ni un ministère surblindé à Moscou – Frontlines/Fuel Of War [N]- juste Argenteuil. 95. Pas 93. La zup. Des identités évidées aussi. Dans d’autres tranchées humaines. Verticales, les tranchées. Ici le gameplay est ambigu. Même béton, mêmes horizons opaques, même violence souterraine. Mais moins électrique pour les peuples du centre. Moins gratuit le meurtre. Moins immédiatement spectacle.

Aire toujours interdite. Comme vu à la télé. En vrai. Ils n’y viendront jamais.

Je suis chez le frère. Le grand. La tête brûlée. Tout massacré à l’époque. Toute la ligne. Défonçait le moindre wagon. Acide fait maison. Une autre histoire. Un autre jour. Toni ne sait rien. De ma survie. Il sait juste que j’en ai besoin pour supporter. Alors il me fournit sans me questionner. Il n’a pas à me répondre lui-même. On met ça dans un Kinder et le Kinder, j’irai me cacher pour me le carrer dans la chatte. Le temps du retour de l’errance vers les territoires blancs. Du centre.

Je suis dans le wagon. Les Kärchers ont bien purgé les sanitaires. Presque plus de noms. Presque plus de baves sur le métal. Encore des coups de griffe sur les vitres. Les passagers acculés qui cherchent à s’enfuir. Peut-être. A s’extirper de la gangue motorisée. Des anonymats qui rient plus loin, au fond. Ce ciel dont le bleu me remue toujours. Derrière le verre raturé.

Je m’injecte 120 décib’ dans les deux cerveaux. Dans l’urgence. Casque bien vissé sur les oreilles. M’inventer un autre monde. Comme tout le monde. M’encercler un peu plus. Et y cerner plus tard ceux qui me paient. Ceux qui veulent effacer les mots. Les nouveaux chiffres. Je vais ouvrir. Encore 30 minutes. Je vais dézoner. Patience, les humides.

Cet ovule jaune dans l’orifice me rend fébrile. Je passe d’une plage à une autre résonance. CURRENT 93 – Black ships ate the sky [P] et les passagers alentours deviennent presque beaux. RYOJI IKEDA – 0111111111 – Matrix [P] et chaque corps perd mollement de sa flottaison. Je perçois très loin le rire qui vient du fond. Toutes les couches sonores se mixent. Toutes les couches mentales se recouvrent. Et les conversations de mes voisins jouxtent CHARLES BUKOWSKI qui récite « Piss and Shit » [P] et je souris. 3ème mouvement – Symphonie N°11 – 1905 – CHOSTAKOVITCH et leurs rires… non, l’image de leurs rires alors post-synchronisée, devient celle de l’imminence du drame. De l’inconscience de la tragédie.

TANGERINE DREAM – Sunrise In The Third System – Alpha Centauri [N]. Et il est temps de s’arracher du tarmac. Le monde n’existe plus. Cette foule n’est pas une foule. Mais juste une accumulation d’icônes. Comme sur l’écran. Un tas de dossiers copiés, et recopiés jusqu’à saturation du média vie. Oublie le control + Z, le monde l’a exclu dans son interface. Oublie le control + Q.

Tu es chez toi. Tu y reviens toujours. On dirait l’éblouissante Rampling dans le Portier de Nuit – The night Porter – LILIANA CAVANI – [N] qui ne jouit enfin de la vie que lorsqu’elle choisit de dépérir auprès de son ex-bourreau. Sauf que je ne suis pas Rampling. Et que d’éblouissant je n’ai que le vice. Mais moi aussi j’ai envie de jouir. J’enfile le costume. Le podium est devant moi. Les miradors aussi avec leurs humides communs. J’enfile deux traits. Je liste les connectés. Et je choisis la comtesse. Une vieille gouine aimable. On dirait que c’est ma mère qui me surprend en train de me branler et ça me chauffe les lèvres. Inférieures. SOLARIS.

La version TARKOVSKI. Musique : EDUARD ARTEMIEV. [N].

Chaque orgue m’enfonce un peu plus loin. J’ai écarté fort les cuisses devant l’œil. Je sais qu’elle est là à me viser. A me vouloir. Mourir un peu. Mourir très vite. Et le doigt que je remue sous le slip que j’ai gardé doit la tuer en retour. Je viens vers toi, Solaris. Je me mets sur les genoux. Et les instantanés fusent sur l’écran. Elle me dit : laisse tomber tes cheveux vers le noyau de l’astre. Prosterne-toi. C’est un talon qui tombe. La comtesse. Je cours, je sens l’avat’ qui s’essouffle, je continue quand même, je devrais déjà être flaque, un crâne explose sur mon passage puis un autre, puis encore un autre. Puis c’est mon jus.

Et mes doigts qui finissent par rentrer en spirale dans ma chatte.

Au goût d’acier.

Fin de mission.

Tags : peer to peer, usenet, solarseek, emule, newsleecher, fear, stalker, frontlines/fuel of war, current 93, ryoji ikeda, charles bukowski, chostakovitch, tangerine dream, the night porter, tarkovski, solaris, eduard artemiev.

SAISON 01 EPISODE 03



Pendant que vous lirez cette chronique. Que vous vous plaindrez de la lenteur de votre réseau. Des flux de mémoire dans les limbes de votre matrice. A Melilla, à Ceuta. Les trafics humains seront abondants vers les barbelés. On se noiera en Sicile, faute d’atteindre la rive. Pendant que le wifi électro magnétique vous détruira quelques neurones obèses. On repêchera des cadavres sur les plages. Au pied des remparts de Skynet Europe.

GUERRE et.

J’ai suivi le groupuscule. Autonome de Poptronics. Les activistes du net. Suivi jusqu’à l’Ososphère. En pleine contrée des réveillons-brasiers et des fascismes endémiques. Fait le tour des concerts. Fait le tour des festivités juvéniles et plutôt excitées. La bière en intraveineuse. Peu de drogues au final. Et quelques mouvements de foule assez rodés. Pas d’opinions au sujet de ce qui a traversé les salles musicales. Le fait que je ne vous donnerai aucune piste pour en violer le moindre décibel suffira à révéler mon degré d’excitation à l’écoute de ces zicos. Mais vous trouverez tout sur les canaux illégaux. Optez d’abord pour CRYSTAL CASTLES [P]. En plus des interdits de CELINE [N] et des manuels insurrectionnels de GUEVARA [N]. Rencontré le SHO(U)T. Un public sous hypnotique interactif. En cercle frontal face aux grands visages vidéos. Aux émotions multiflux. Je restais plus fascinée par l’attraction opérée sur les jeunes paroissiaux. Que par les processus informatiques de l’œuvre. Pas besoin que l’on lise mes émotions. Moi qui te les vendrais au plus offrant. Pas besoin que l’on identifie mes émotions et que. Surtout. On me renvoie les mêmes. Ce sera toujours plus sophistiqué que la brutalité carnivore de mes instincts. Plus canalisé. Et quelques flux de particules rageuses ne remplaceront jamais un troupeau de globules scatophiles. Et quelques images déchirées ne remettront pas en cause l’extrême nécessité de mon corps jeté en pâture à tout ce qui bouge. Tout ce transpire et en appelle encore à la vie. La vraie. Pas la rêvée. L’art, je l’ai entre les cuisses et il est no limite. Pas besoin de mise en scène superflue et de sub. J’ai la basse fréquence religieuse. Une vraie mante. Alors l’épat’ interactive, bien cernée, bien éduquée, bien formatée, c’est juste l’apéri-CUBE [N] (VINCENZO NATALI) pour mieux digérer les technologies de surveillance qui nous boufferont tous d’ici peu. Aussi sophistiquées. Et épatantes.

Mais je lui ai offert une séance gratuite. Une mise à jour émotionnelle. Et encore de bonne grâce. Sexualité complexe. Désenclavée. Le gars ne reniait ni ses manières de petit voyou ni sa langue de lesbienne. Personne n’allait payer le show du réciproque. Alors autant enjamber les chairs offertes. Y’avait un Lokiss sur son bras. Et encore un peu de merde au bout de sa queue. Quand il se sera retiré.

La bras a branché des nostalgies hip hop. Les mêmes que Tony se tamponne en boucle tout la journée. Des trucs d’il y a 20 ans. On aurait dit un petit garçon hystérique tandis qu’il me branlait avec vigueur. J’étais pas dans l’humeur de me faire fister. Et lui ne semblait pas oser. Y’avait un truc genre NEWCLEUS dans les enceintes. Dans sa chambre conformée Ibis. Tecknology [N]. Ou c’était peut-être JONZUN CREW [N]. De l’ère temporelle du jeu GALAGA [emulator-zone.com]. Le « Space is the place » synthétique ne freinait pas nos ardeurs terrestres. Nous. Les cancrelats suants. Cloués aux draps en bataille. Nous résistions à toutes attaques thermo-nucléaires. 90 générations de cancrelats nous avaient fait devenir résistants à toute toxines, à toutes diffractions moléculaires. 8 langues, 25 clitoris et 600 bites, nous survivions. Même acculés. Même accumulés l’un sur l’autre. Même englués l’un dans l’autre. « Clear » CYBOTRON [P] calé sur Al-Naafiysh (The Soul) HASHIM [P] glissé sur « Looking for the perfect beat » Afrika BAMBAATAA & THE SOUL SONIC FORCE [P].

A mort les Beatles, à mort les Cocteau Twins, à mort les Supertramp, à mort les Dead Can dance, et autres saloperies blanches, les cancrelats avaient émulé le pouvoir, et allaient tout engranger.

Et PAIX.

Il n’y a vraiment que la nature pour me remplir. Que le temps de la nature. Pour me donner le sentiment fugace de l’entité. C’est Antoine Doinel qui court vers la mer qu’il découvre pour la première fois à la fin des « 400 coups » de TRUFFAUT [N]. Cette scène qui faisait pleurer ma mère à chaque coup. C’est Yvan qui vole au dessus du printemps russe dans « L’enfance d’Yvan » de TARKOVSKI [N]. La même ivresse. La même abondance.

La même enfance. Le même temps désinvolte. Arrêté.

Fin de mission.

Tags : peer to peer, usenet, solarseek, emule, newsleecher, celine, guevara, cube, hypercube, newcleus, jonzoun crew, galaga, emulator, cybotron, hashim, afrika bambaataa, les 400 coups, l’enfance d’yvan.


SAISON 01 EPISODE 04



Pendant que vous lirez cette chronique. Que vous vous plaindrez de l’autisme résiduel de la communication Internet. Que les vagues d’IP en transhumance transgresseront toutes identités humaines, une Biélorusse se fera violer par un quintet d’Albanais, une illettrée ira purger au litre les grands humides. Je la côtoierai peut-être à minauder derrière le lcd d’une vignette vidéo. Au milieu de la masse pornographique. Dans le repli organique du réseau. Rayon boucherie virale. Toutes ces filles aux yeux vides qui alimenteront l’imaginaire des cinémas blancs. Et qui continueront à garder les yeux vides. Pourtant. Langues langoureuses & sucées lentes. Ainsi va l’amour des hommes. Ainsi vont les petites gymnastes roumaines.

Je me dis. Tu voles toutes ces chansons. Tu les voles plus vite encore que tu pourrais les acheter. Parfois tu les voles avant même que tu aies pu les acheter. Toi tu échanges. Mais les barons, les sombres te gueulent que tu les voles. Pour toi la culture c’est un terrain ouvert, une vulve géante. Cent trompes turgescentes. Une biomasse transversale. Sans entrée ni sortie. Et surtout pas d’obstacle.

CLICK HERE. J’écris une chanson et ce que je désire d’abord, c’est que tu l’écoutes. L’acheter passe bien plus loin, non ? Alors lick my song. LICK HERE ! Et prends mon âme car je la donne en partage. Pas en promotion. C’est ça l’art, non ? La zique, c’est un art, oui ?

Le vol, le système nous l’a inculqué. A force de récupération et de spoliation culturelles. Le grand mix commercial qui dénature tout. Qui acidule toute subversion, et qui la vend au plus offrant, au plus impersonnel. Le poing levé devient le fist fucking. La culture dirigée force l’aliénation qui est un autre vol. L’aliénation consentie un autre suicide. Ça vole à l’étalage désinvolte de l’art libre. Recèle, recycle et comme il y a un nouvel emballage, ça glisse tout seul dans le béant des consommateurs. Que le logo sécurise. Que la marque au fer rend heureux.

Les sombres ont rendu la culture jetable. Souquent dans des océans d’ignorance. D’amnésie. Rendent tout. Neuf. Samplent puis jettent. Alors, dociles serviteurs, nous téléchargeons puis jetons. Et parfois, NOUS, nous gardons. Et décidons seuls.

Tu préfères que la foule enfonce les portes de vos palais et vous tranche la tête ? Et en jette les caisses enregistreuses dans les décharges fluorescentes ? Que l’on pende les artistes courtisans, que l’on incinère les académies cadavériques, et que l’on spolie de front la villa Mitterrand ? Ça vous dirait que la culture revienne vraiment au peuple ? Hein vampires ? Ni un jour ni une nuit par an. Non ! Les jeux du cirque et les écrémages sacrificiels. Le grand défouloir : 24/24, 7/7 ? 366 jours par an !

NON STOP. ENCORE OU ENCORE ?

Alors nous téléchargeons et nous jetons. La création musicale et l’industrie inhérente se réguleront. Et toi tu mourras. Et nous te téléchargerons et te jetterons. Le puant, on garde pas. La merde se régule d’elle-même. Un magnifique système. Savamment lubrifié.

Sa bite est transparente. Deux index fluets. Au plus. Quand il me mate, il veut que je le contemple. Aussi offert que je le suis. On dirait une femme. Se tient comme telle. Sa finesse est extrême. On y dessinerait presque des hanches ouvertes. Par envie de passer outre. C’est souvent très doux entre lui et moi. Pas de pixels sanguinaires. Des pressions plus mesurées. Des sucées plus lentes. Des machines encore molles. Dégoulinantes. Il aime se remplir l’orifice pendant que je fais de même. Lui opte pour le primeur, et moi pour la droguerie. Je n’ai que deux mains, lui en a 6. Graciles. Diaphanes. C’est lui qui inonde notre espace de musique. C’est rare que j’autorise. Les petits blancs et leur musique de petit blanc. Ça m’assèche. Le blanc est anachronique. Il danse toujours avec un temps de retard. Parfois 30 ans. Mais lui c’est autre chose. C’est un dandy de l’humidité, un poète des grandes marées. Un petit rat. Qui se branle en tutu. Bien dans l’aire de son temps. Alors il n’écoute pas les suiveurs. Mais réécoute les messies.

Il est remonté loin dans le peer pour se saisir d’une vérité. Les années 80 ont bien existé autour de 1980. Au siècle dernier. Post-punk. Terrifiant.

Il est très élastique. Je crois qu’il s’entraîne. Ses infiltrations démarrent à l’échelle de ses os et finissent à celle de sa chair. En haute résolution. « Totally Naked » – RIG RIG PANIC [P]. « Ufo » ou « Moody (Spaced out) » – ESG [P]. Ça rentre ? Ça rentre. « Discourse » – MATERIAL [P]. « Death Disco » – PIL [P]. Ça rentre ? Ça rentre. Ces yeux pleins de mascara sur ce visage resté enfant, c’est de l’indécence qui amène la jouissive à jouer de la goutelette.

« Spasticus Autisticus » – IAN DURY & THE SEVEN SEAS PLAYERS [P]. « Wheel Me Out » – WAS (NOT WAS) [P]. « Aspectacle » – CAN [P]. Ça ressort ? Ça ressort. Une grosse compilation KID CREOLE & THE COCONUTS plus loin. Ça ressort encore. « Hungry So Angry » – MEDIUM MEDIUM [P]. « The Escapades Of Futura » – FUTURA 2000 & THE CLASH [P]. The same old white disco… fake messiah.

Je lève la main. Lui l’abaisse. Je reprends la main. Je rentre. Et fouille plus profonde dans mes matrices. Dualisées. Sur une rive plus de moiteur. Et de l’autre côté, the same old pink disco.

« Wake up and Make Love With Me » – IAN DURY [P]. Celle-là sent les poils de BLONDIE. Et ma favorite les jours de drogues sans fin. « Heart of glass » [P]. Les yeux vides sur les spiritueux.

Cette petite ordure prend la pose. Ne ressort plus. The same teen porn. Je lui ai déjà collé un dada troyen qui lui colle comme un bouc priape. Il sait parfaitement où il va. Et à vrai dire il paie pour que je l’y suive. Et je le suis, avide. Je finirai par le basculer offline. On jouera à s’engloutir. Identités contre identités. Les miennes en travers des siennes. Bas contre bas. En devenir. Et en vrais semblants.

On rira.

Dans le royaume des chiennes, on pissera partout.

« We Are All Prostitutes » – POP GROUP [P].

Fin de mission.

Tags : peer to peer, usenet, solarseek, emule, newsleecher, rig rig panic, esg, material, pil, ian dury, kid creole & the coconuts, medium medium, futura 2000 & the clash, blondie, pop group

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